La pluie s’écrase en taches brunes sur son imper mastic. Une goutte éteint sa cigarette dans un grésillement tandis que les réverbères trouent la nuit. Franchement plus de son âge toutes ces conneries. Parfait s’abrite sous une porte cochère et grille sa trentième Pall Mall dans un claquement de Zippo. Un rapide coup de flasque derrière la cravate pour étouffer la toux et le voilà reparti comme en quarante. Toujours rien de l’autre côté de la rue. Calme plat. RAS.
Saleté de filature qui se traîne depuis des plombes. Pas facile à suivre le Deschanel. Un homme pressé ce type. Des rendez-vous affairés aux quatre coins de la ville, un gueuleton entrée-plat-dessert-pousse-café à la Marmite d’Argent et une partie de tennis au country club pour faire passer le tout. Avec sa paire de jumelles, Parfait a vu que Deschanel se payait même une petite séance de sauna pour éliminer les toxines. Pas de femme. Pas encore.
Pendant que sa proie suait à gros bouillons, Parfait attendait. Dans sa vieille Peugeot qui pue la clope froide et le kebab graisseux. A s’enfiler des sucettes à cancer. A se gratter l’oreille d’un auriculaire distrait. A écouter pour la centième fois cette vieille cassette de Dire Straits. Qui finira par bien par lâcher un jour. Qui finira par niquer définitivement son auto radio.
Finalement, Deschanel s’était engouffré dans sa Porsche Cayenne et la filoche avait repris. Aussi prévisible qu’une comédie américaine. Trois heures plus tard, Parfait attend le bon vouloir de sa proie, tapi à l’ombre d’une porte cochère, serrant dans sa poche un appareil photo numérique, seule concession de sa part à la modernité. En ligne de mire une maison de maître qui doit bien engloutir cent fois la superficie de sa chambre.
Parfait n’est même pas étonné quand Deschanel finit par sortir, une blonde platine collée à son bras. Le numérique shoote la plantureuse et les bisous baveux qu’elle oblitère dans le cou de l’infidèle. Parfait immortalise la main de Deschanel qui se perd sous la jupe de cuir avant de sauter dans le poivre de la Porsche. Mission accomplie avec un jeu de mots pourri pour la route.
Demain, Parfait glissera les clichés sous le nez de Madame Deschanel. L’officielle. Le paradoxe des femmes trompées qui veulent tout savoir même si ça fait souffrir. Des larmes de rimmel couleront et Parfait tendra une boîte de Kleenex.
Ce n’est pas facile d’être personnage dans un mauvais roman policier.
Les Bribes se fondent sur les principes de l'OuLiPo.
Saleté de filature qui se traîne depuis des plombes. Pas facile à suivre le Deschanel. Un homme pressé ce type. Des rendez-vous affairés aux quatre coins de la ville, un gueuleton entrée-plat-dessert-pousse-café à la Marmite d’Argent et une partie de tennis au country club pour faire passer le tout. Avec sa paire de jumelles, Parfait a vu que Deschanel se payait même une petite séance de sauna pour éliminer les toxines. Pas de femme. Pas encore.
Pendant que sa proie suait à gros bouillons, Parfait attendait. Dans sa vieille Peugeot qui pue la clope froide et le kebab graisseux. A s’enfiler des sucettes à cancer. A se gratter l’oreille d’un auriculaire distrait. A écouter pour la centième fois cette vieille cassette de Dire Straits. Qui finira par bien par lâcher un jour. Qui finira par niquer définitivement son auto radio.
Finalement, Deschanel s’était engouffré dans sa Porsche Cayenne et la filoche avait repris. Aussi prévisible qu’une comédie américaine. Trois heures plus tard, Parfait attend le bon vouloir de sa proie, tapi à l’ombre d’une porte cochère, serrant dans sa poche un appareil photo numérique, seule concession de sa part à la modernité. En ligne de mire une maison de maître qui doit bien engloutir cent fois la superficie de sa chambre.
Parfait n’est même pas étonné quand Deschanel finit par sortir, une blonde platine collée à son bras. Le numérique shoote la plantureuse et les bisous baveux qu’elle oblitère dans le cou de l’infidèle. Parfait immortalise la main de Deschanel qui se perd sous la jupe de cuir avant de sauter dans le poivre de la Porsche. Mission accomplie avec un jeu de mots pourri pour la route.
Demain, Parfait glissera les clichés sous le nez de Madame Deschanel. L’officielle. Le paradoxe des femmes trompées qui veulent tout savoir même si ça fait souffrir. Des larmes de rimmel couleront et Parfait tendra une boîte de Kleenex.
Ce n’est pas facile d’être personnage dans un mauvais roman policier.
Les Bribes se fondent sur les principes de l'OuLiPo.
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