27 novembre 2011

La malédiction de Dudley Dursley


Tout le monde connaît Harry Potter.  Le sorcier aux lunettes rondes qui coûtent un bras chez Afflelou.

Personne ne connaît Dudley Dursley.  Dudley Dursley c’est le vilain cousin d’Harry Potter.  Celui qui lui fait des misères quand il n’est pas à l’école des sorciers.  Un gros et gras lourdaud de Britannique moyen, élevé à l’English Breakfast, qui finira sa vie au pub du coin, à jouer aux fléchettes en buvant des pints et en mâchant du bacon séché.  Le genre de gars qui va au foot pour se battre à coups de chaîne et qui se fout du nombre de buts encaissés sur le terrain. Le terrain c’est juste l’endroit qu’on envahit après le match pour se castagner avec ceux d’en face.  Dudley Dursley rote après le Tea Time, se torche dans l’Union Jack et pète quand Big Ben sonne.  Dudley Dursley a regardé le mariage de Kate et William pour mater le cul de Pippa Middleton.

Dudley Dursley porte un nom crétin.  Harry ça a de la prestance, ça madame, c’est un prénom de prince.  Dudley c’est vilain, il y a même « laid » dedans.  Bref, Dudley Dursley est à Harry Potter ce que Rastapopoulos est à Tintin.

Ce que l’on sait moins, c’est qu’au cinéma, le rôle de Dudley Dursley est un rôle maudit.  Personne ne connaît le nom de l’acteur.  Personne n’a envie de lui ressembler.  Personne ne veut son autographe sur un poster.  Il n’a même pas de poster à son effigie.  Tout le monde aurait envie de cracher dessus.  Personne ne l’invite aux avants-premières.

C’est bisquant de jouer un rôle pareil.  Le type va rester le sale con jusqu’à la fin de ses jours.  Sur le plateau, il a dû être méchamment frustré.  L’entrée de l’Ecole des Sorciers lui était interdite.  Pas de baguette magique.  Pas de match de Quidditch.  Juste ses deux yeux pour pleurer.

Et l’autre là, Daniel Radcliffe, qui se la pète dans le rôle d’Harry Potter.  Quand Daniel emballe une nénette dans le film, celui qui joue Dudley a déjà reçu son salaire, s’est fait raccompagner à la porte des studios et va pointer au chômage.

Le pire c’est que dans la vraie vie, Dudley s’appelle... Harry.  Tous les jours, son prénom lui rappelle l’infamie.  C’est sa croix, sa fleur de Lys sur l’épaule, sa malédiction.  Son psy vient de se faire construire une deuxième piscine.

Je demande une minute de silence.  Réhabilitons Dudley Dursley.  Merde à Harry Potter.

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