[Rec]² est la suite directe de [Rec], commençant avec la dernière scène du du premier opus. Certains avaient pu s'en rendre compte puisque
les six premières minutes de [Rec]² étaient disponibles sur la Toile (une hérésie selon moi). Ici, point de personnages lambda mais une escouade de militaires aux gros bras et à l'arsenal en conséquence. Première différence donc, qui se ressent dans le traitement. Le film tire clairement ses influences du FPS en jeu vidéo, de Resident Evil à Call Of Duty en passant par Dead Space. Une fois la machine lancée, les zombies attaquent en puissance et, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il courent vite ! Place donc aux montagnes russes, le spectateur est secoué de toutes parts, sursautant à foison devant les sales bêtes qui déboulent de partout. Au contraire du premier, l'identification ne joue plus mais la rigolade est bel et bien au rendez-vous. On paie pour le train fantôme et on se le prend direct dans les gencives. Autre différence, toujours inspirée par le jeu vidéo, l'utilisation du multi-joueur, innovante en soi, mais qui fait vite office de ressort scénaristique artificiel au 2/3 du film, avec une baisse de rythme en conséquence. [Rec]² n'est donc pas exempt de défauts. Les deux réalisateurs (Jaume Balagueró et Paco Plaza) oublient ainsi, à un seul et unique moment, leur postulat de départ et se permettent une scène de réalisation classique avec effet de caméra. Scénaristiquement, c'est souvent tiré par les cheveux, l'explication de cette "bâtisse de la terreur" est plus risible qu'autre chose et les réactions de certains personnages relèvent du plus haut foireux et de l'improbable. Mais finalement, on s'en fout, le film offre des litres de sang, des bons jumps dans son siège et des grosses parties de fou rire. En bon amateur du genre, c'est tout ce qu'on lui demande. Et puis [Rec]² a l'élégance de condenser tout cela en une heure vingt chrono, ce qui est vivifiant à notre époque de
longueurs filmiques...