Aujourd’hui c’est dimanche, jour du Seigneur. Comme tous les dimanches, Amédée assiste à la messe. Amédée est enfant de chœur depuis quatre ans déjà. Il aime participer à la cérémonie liturgique de sa paroisse. Apporter le pain et le vin au Père Desmond. Son ami Bertrand aime le taquiner là-dessus. Pour lui, du pain et du pinard sans sauciflard ce n’est pas vraiment un casse-dalle. Bertrand adore jouer le mécréant.
Le père Desmond lève le pain et le vin dans la lumière. Il les bénit. Le pain et le vin deviennent alors le corps et le sang du Christ. C’est le mystère de la communion. Bertrand, toujours lui, prétend qu’il y a un truc, que Desmond c’est le fils de Gérard Majax ou de David Copperfield. Mais Amédée n’en a cure. Il pardonne Bertrand. Il sait que ce n’est pas méchant, que c’est juste pour le titiller. De toute façon, c’est dans sa nature à Amédée de pardonner. Depuis qu’il est tout petit, son existence est rythmée par les préceptes catholiques. A 14 ans, il sait déjà ce que sera sa vie. Il sera prêtre. Il s’est renseigné auprès de l’abbé Desmond, sur le séminaire, la vie de prêtre, les obligations de pauvreté et d’abstinence. Cela ne l’effraie pas, bien au contraire. L’existence d’Amédée sera entièrement consacrée à Dieu. Il sera toujours disponible pour autrui. Quand Bertrand lui demande comment ça lui est venu, Amédée doit réfléchir. Il n’a pas eu une illumination en sortant de l’école. Le ciel ne s’est pas ouvert devant lui avec des effets de lumière comme dans un film de science-fiction. La Vierge Marie ne lui est pas apparue dans une grotte. De toute façon, Amédée habite en ville. Les grottes se font rares entre les parcmètres et les bouches d’égout. Ca peut paraître idiot mais sa vocation est née tout bêtement, en regardant sa grand-mère qui tricotait une écharpe pour l’hiver. Il a ressenti une béatitude qu’il n’avait jamais ressentie auparavant. Il s'est laissé bercer par la voix de mamy, entre l’odeur du chocolat chaud et du pain beurré. Entre le bonheur de l’enfance encore présente et les aspirations futures qui l’attendaient. Un syndrome de Peter Pan conscient. Garder son âme d’enfant au service des autres et de Dieu. Il sait qu’il n’aura pas beaucoup de difficultés à garder cette âme d’enfant. Les rapports entre le monde ecclésiastique et celui de l’enfance sont très étroits. Le père Desmond lui a montré comment. C’est vrai que c’est très étroit.
Les Bribes se fondent sur les principes de l'OuLiPo.
Le père Desmond lève le pain et le vin dans la lumière. Il les bénit. Le pain et le vin deviennent alors le corps et le sang du Christ. C’est le mystère de la communion. Bertrand, toujours lui, prétend qu’il y a un truc, que Desmond c’est le fils de Gérard Majax ou de David Copperfield. Mais Amédée n’en a cure. Il pardonne Bertrand. Il sait que ce n’est pas méchant, que c’est juste pour le titiller. De toute façon, c’est dans sa nature à Amédée de pardonner. Depuis qu’il est tout petit, son existence est rythmée par les préceptes catholiques. A 14 ans, il sait déjà ce que sera sa vie. Il sera prêtre. Il s’est renseigné auprès de l’abbé Desmond, sur le séminaire, la vie de prêtre, les obligations de pauvreté et d’abstinence. Cela ne l’effraie pas, bien au contraire. L’existence d’Amédée sera entièrement consacrée à Dieu. Il sera toujours disponible pour autrui. Quand Bertrand lui demande comment ça lui est venu, Amédée doit réfléchir. Il n’a pas eu une illumination en sortant de l’école. Le ciel ne s’est pas ouvert devant lui avec des effets de lumière comme dans un film de science-fiction. La Vierge Marie ne lui est pas apparue dans une grotte. De toute façon, Amédée habite en ville. Les grottes se font rares entre les parcmètres et les bouches d’égout. Ca peut paraître idiot mais sa vocation est née tout bêtement, en regardant sa grand-mère qui tricotait une écharpe pour l’hiver. Il a ressenti une béatitude qu’il n’avait jamais ressentie auparavant. Il s'est laissé bercer par la voix de mamy, entre l’odeur du chocolat chaud et du pain beurré. Entre le bonheur de l’enfance encore présente et les aspirations futures qui l’attendaient. Un syndrome de Peter Pan conscient. Garder son âme d’enfant au service des autres et de Dieu. Il sait qu’il n’aura pas beaucoup de difficultés à garder cette âme d’enfant. Les rapports entre le monde ecclésiastique et celui de l’enfance sont très étroits. Le père Desmond lui a montré comment. C’est vrai que c’est très étroit.
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